Mexico City, Mexico, Mardi 10 septembre 2019

Sabrina : Mgr Eduardo Chavez, je serais très intéressée à ce que vous nous expliquiez ce qui vous a motivé, toute votre vie, à en savoir davantage, à étudier Notre-Dame de Guadalupe et aussi à diffuser le message qu’Elle a donné au monde en 1531.

Monsignor Chavez : Je crois que cette question devrait s’adresser à Notre-Dame de Guadalupe Elle-même. Pourquoi m’a-t-Elle choisi?

Je ne sais pas… J’ai étudié, pour être prêtre, la philosophie, la théologie. J’ai étudié l’Histoire mais plus tard je l’ai rencontrée ! J’ai toujours été Guadalupano parce que nous, les Mexicains, nous portons l’ADN de Notre-Dame de Guadalupe depuis le moment de notre naissance. Je l’ai rencontrée et je pense qu’Elle a été la première à commencer tout cela et je ne sais comment remercier Notre Sainte Mère de Guadalupe d’avoir prêté attention à moi, parce que cela a été une aventure extraordinaire et nous ne finirons jamais de la connaître. C’est incroyable!

Elle a fortifié mon sacerdoce, mon être chrétien, mon être ENTIER et tout ce que je peux faire. C’est une aventure, car ce que j’essaie de faire, c’est de la connaître davantage, en profondeur et d’envoyer au monde entier le message que nous avons plus que jamais besoin, non seulement en Amérique latine, non seulement au Mexique, mais dans le monde entier du message de Notre-Dame de Guadalupe qui est si actuel. L’un de mes amis, un prêtre m’a dit : « hé Eduardo, tu étais si normal et maintenant tout est Guadalupe, Guadalupe, Guadalupe, Guadalupe, Guadalupe » et je lui ai dit « Tu as raison, Guadalupe remplit tout mon univers » et il m’a dit : « comment ? Parlons de chaussures » et j’ai dit : « As-tu remarqué la petite chaussure de Notre- Dame de Guadalupe (rires) ! » C’est incroyable et je le pense vraiment ! Incroyable, cette fleur à quatre pétales, posée sur son ventre et les mains jointes et sa peau sombre ». Je suis peintre, donc l’image elle-même m’étonne, le fait qu’elle se soit réalisée de façon spontanée, le fait qu’un peu d’acide ait été accidentellement renversé sur Elle et qu’il ne se soit rien passé, qu’il y ait eu l’explosion d’une bombe en 1921 et que rien ne se soit passé. Je pense donc que c’est un message que le monde doit recevoir. Chaque cœur humain aujourd’hui doit le savoir ! Il est si important que le monde retrouve la foi et le sens de son existence et nous devons donner ce trésor à chaque cœur.

Sabrina : Je me souviens de la première fois de ma vie quand je me suis trouvée devant elle, j’aurais pu mourir à ce moment-là et cela m’aurait suffi. Regardez-La, c’est une reproduction mais, quand nous regardons Notre-Dame de Guadalupe, nous sommes tous des voyants, parce que nous pouvons tous voir ce que Juan Diego pouvait voir lorsque l’image lui fut donnée. Comment vous sentez-vous face à Elle ? Vous souvenez-vous de ce que vous avez ressenti la première fois que vous vous êtes approché d’Elle, que vous l’avez observée de vos propres yeux?

Mgr Chavez : Oui, ce que vous avez souligné Sabrina est tellement juste, tellement vrai, tellement beau, pour nous tous, qui voyons Notre-Dame de Guadalupe d’une certaine façon ; nous devenons témoins de ce qu’Elle est et de ce qu’Elle accomplit dans nos cœurs. Elle a un regard miséricordieux, un regard plein de joie, de paix qui élimine toute peur, toute angoisse, toute calamité dans notre vie personnelle et communautaire. Ce qu’Elle dit à San Juan Diego, elle le dit à chacun d’entre nous: «N’ayez pas peur! Ne suis-je pas ici, moi qui ai l’honneur, la joie d’être votre mère!»

C’est vrai que nous devenons témoins de quelque chose d’aussi grand, voyants de quelque chose d’aussi grand, parce qu’Elle nous a laissé son image imprimée comme JAMAIS auparavant. La première fois que j’ai vu l’image originale de Notre Sainte Mère, c’était précisément quand j’étais encore au séminaire et qu’Elle était transportée de la vieille à la nouvelle basilique en 1976.

J’étudiais la philosophie au séminaire et c’était la première fois que je La voyais et je ne l’ai pas vraiment vue… probablement de loin dans le sanctuaire… mais ce moment où je marchais d’un sanctuaire à l’autre, je me suis senti en pèlerinage, entre Ses bonnes mains. C’était la première fois et plus tard j’ai pu La voir souvent, surtout quand j’ai eu l’honneur d’être le postulateur de la cause de San Juan Diego. J’avais la chance d’aller dans la petite pièce, la camerina. Le directeur de l’époque était Mgr Enrique Gleenie, qui m’a demandé d’expliquer la Tilma chaque fois qu’un groupe allait la voir. C’était une joie pour moi de La contempler et de le faire encore et encore et d’AIDER d’autres personnes aussi à contempler Notre-Dame de Guadalupe. Elle a touché les cœurs de différentes manières, c’est une rencontre avec Dieu à travers Notre-Dame de Guadalupe parce qu’Elle est enceinte, parce qu’Elle porte Jésus au centre de cette image et en la contemplant, nous contemplons la source de ce regard miséricordieux qu’est Jésus.

Sabrina : Vous avez rencontré trois papes : Saint Jean-Paul II, le pape émérite Benoît XVI et aussi le pape François, tous les trois amoureux de Notre-Dame de Guadalupe ; que pourriez-vous nous dire de chacun d’entre eux parce que vous les avez rencontrés et qu’ils vous en ont parlé?

Mgr Chavez : Eh bien, Saint Jean-Paul II est venu en 1979 pour la première fois et dès qu’il a rencontré Notre Dame de Guadalupe, il a senti comment conduire son apostolat, sa mission à travers le monde. Grâce à Notre-Dame de Guadalupe, il en est tombé amoureux ! Et c’est certain parce chaque fois qu’il venait, il La regardait, il l’embrassait même. C’était incroyable, comme les choses qu’il a dites à plusieurs reprises, mais je me souviens surtout de ses paroles en 1999, lorsqu’il L’a nommée patronne du continent américain. Il a dit qu’Elle est le modèle de l’évangélisation parfaitement inculturée et c’est vrai.

Elle sait comment placer Jésus au centre du cœur humain, elle sait prendre la Semence du Verbe et la porter à l’accomplissement de Jésus.

Jean-Paul II était amoureux de Notre-Dame de Guadalupe. C’est certain, car lorsque j’étais postulateur, j’ai travaillé auprès du Pape. Son amour était si grand qu’alors qu’il était très malade et que sa cinquième visite était proche pour canoniser Juan Diego, tous à Rome lui ont dit de ne voyager, du fait de sa faiblesse. Souvenons-nous, il était vraiment très malade et il devait aller au Canada, au Guatemala et puis venir au Mexique pour la canonisation de Juan Diego. Après que tous aient parlé il demanda: « En avez-vous terminé ? Je dois aller au Mexique même si c’est en fauteuil roulant ou sur une civière, je dois aller embrasser Notre-Dame de Guadalupe parce que tout a commencé avec cette Image ». Et j’étais là quand il a canonisé Juan Diego ici au Tepeyac en La regardant.

Benoît XVI l’aime. Il était un pape allemand et il l’aime beaucoup. Il avait eu l’intuition de rassembler tous les évêques du continent pour reconnaître ce que saint Jean- Paul II avait fait en la nommant patronne du continent américain lors d’une messe le 12 décembre 2011. Une messe lui a été dédiée au Vatican à la Basilique Saint-Pierre et le 12 décembre, TOUS les cardinaux et évêques d’Amérique étaient présents. En 2012 également, le 12 décembre, il a invité tout le monde à parler de Notre-Dame de Guadalupe, toute la curie du Vatican, les cardinaux, les évêques et les laïcs les plus importants des mouvements religieux étaient présents. Grâce à lui, le message était connu en profondeur.

Et le pape François ! Le Pape François aime Notre-Dame de Guadalupe à tel point que la dernière église qu’il a construite à Buenos Aires alors qu’il était encore le Cardinal Bergoglio, fut dédiée à Juan Diego et à Notre-Dame de Guadalupe. Quand je suis allé à Rome, nous lui avons rendu visite, il nous a montré des photos de cette église, dont il était si fier. Il a demandé au cardinal Norberto Rivera du Mexique de consacrer cette église alors qu’il était déjà Pape. Un autre beau souvenir avec le pape François est quand je lui ai montré le livre que je venais de terminer sur le Nican Mopohua. Il m’a dit de continuer, d’aller plus loin dans la recherche sur la « Guadalupana ». Il m’a dit : « Continuez à répandre le message dans le monde entier pour que nous puissions le comprendre ». Comment pourrais-je oublier cela ! Et le deuxième moment très fort fut quand il demanda, en toute humilité, aux Mexicains de le laisser être seul avec Notre-Dame de Guadalupe dans la petite pièce qui abrite Son Image. Nous avons tous vu à quel point il était dans la prière et la contemplation, non seulement en La regardant, mais en se laissant inonder de Son regard miséricordieux. Ce sont là des instants inoubliables.

Sabrina : Trois papes différents vous ont donc encouragé Mgr Eduardo Chavez à répandre le message de Notre-Dame de Guadalupe. Nous sommes si joyeux, si heureux parce que vous avez accepté de venir nous rejoindre pour un premier Congrès que nous organisons en mai 2020 à Medjugorje. Nous pourrons avec amour La partager avec les personnes si nombreuses qui vont prier au Sanctuaire de Medjugorje en Bosnie-Herzégovine. Pourquoi avez-vous dit oui ? Quelles sont vos raisons de nous accompagner?

Mgr Chavez : C’est une très bonne question parce qu’elle comporte de nombreux éléments. Premièrement : Je me sens indigne, je le pense vraiment, je te le dis du fond du cœur, indigne d’être SON messager. Deuxièmement : je suis sûr qu’Elle veut parler là, à cet endroit, en ce moment. Je vous dis : Notre-Dame de Guadalupe n’est pas un message historique. Il est clair que le message qu’Elle a donné du 9 au 12 décembre 1531 quand Elle est apparue est un message qui se perpétue. Elle veut dire une parole et cette parole c’est Son fils Jésus. Elle veut installer cette parole dans ce lieu béni. Troisièmement : je pense que votre motivation et la motivation de tant de personnes impliquées m’est si belle parce que c’est précisément une femme, Marie, qui nous amène Jésus. Elle a choisi un laïc, l’humble Juan Diego, un homme tout simple pour pouvoir parler de tout cela, toujours sous l’autorité de l’évêque. Ce message ecclésial est ce que nous voulons, un message plein d’espoir et de compassion. Nous parlons d’une femme juive qui s’appelle Marie et Elle a aussi le nom de « Guadalupe », mot d’origine arabe. C’est une vie nouvelle pour tous les peuples ; Elle nous donne son fils Jésus-Christ. Je suis très heureux, je le dis en toute humilité, je ne sais pas pourquoi Notre Sainte Mère de Guadalupe me remarque encore, mais je suis plein de joie. C’est un grand honneur qu’elle me fait de pouvoir participer à tout cela mais je suis sûr que c’est Elle qui place Ses paroles dans chaque cœur. C’est Elle qui le fait.

Sabrina : Pourquoi pensez-vous qu’il est important aujourd’hui d’être audacieux et d’aller en des endroits où nous ne sommes jamais allés auparavant, par exemple, vous n’avez jamais été à Medjugorje et vous avez dit oui. Pourquoi est-il important que nous allions en ces endroits où nous ne sommes jamais allés jusqu’ici?

Mgr Chavez : Bien sûr, tous les lieux sont importants, mais surtout Medjugorje maintenant que le Vatican encourage à visiter ce sanctuaire… il est vrai que j’ai entendu certains dire : « Pourquoi viens-tu du Mexique si le Mexique est chez toi ? » Je crois que Son cœur est dans chaque cœur. En fait « Tepeyac » signifie « colline du cœur » et je suis sûr qu’Elle a le projet important de faire de ce lieu un lieu béni où Elle veut se manifester dans le « Tepeyac » de chaque cœur humain. C’est pourquoi je suis à Son service et nous sommes heureux de le faire et aussi d’accomplir la mission qui m’a été directement confiée par le cardinal du Mexique. Rappelons-nous que Notre-Dame de Guadalupe se soumet à l’autorité de l’évêque du Mexique et c’est lui qui me demande d’aider à diffuser le message de la Vierge de Guadalupe dans le monde entier ; c’est pourquoi je suis très heureux.

Sabrina : Nous sommes venus au Mexique pour vous parler, pour vous inviter à venir à Medjugorje et mon cœur débordait de joie parce que vous avez aussi accepté de venir avec nous en Terre Sainte. Je ne peux pas vous dire combien je suis heureuse de savoir que vous y serez avec nous et que vous pourrez aussi parler aux pèlerins et aux habitants, aux gens de Terre Sainte, aux chrétiens comme aux non-chrétiens qui vont venir vous rejoindre pour entendre votre enseignement sur Elle.

Mgr Chavez : Je n’ai aucun doute, car il s’agit d’une femme qui porte un nom juif et arabe et qui le donne à un indigène. Ce que j’entends par là, c’est que parler dans un tel endroit signifie partager le message de Notre-Dame de Guadalupe dans un lieu où les juifs, les arabes et les chrétiens sont présents dans ce lieu béni… wow ! Je pensais que cela allait arriver, mais pas avec moi, je pensais que cela allait arriver beaucoup plus tard ! Il y a quelque chose qui se passe, je crois que nous en avons besoin MAINTENANT ! Nos familles, nos communautés, nos pays nous échappent, nos pays sont en guerre commerciale, les armes, la drogue, la prostitution, c’est une guerre terrible que nous vivons et nous avons besoin d’un message qui permette de restaurer l’être humain ! C’est un message en faveur de la vie, souvenons-nous qu’Elle portait Jésus dans son sein Immaculé. C’est précisément le 12 décembre, lors de Son apparition, qu’Elle donne le plus important message pascal. Parler de tout cela à l’endroit même où cela est arrivé, c’est une chose réelle qui s’est passé là-bas. Elle va parler de la vraie Pâque de Jésus. C’est vraiment quelque chose d’incroyable, et puis la boucle sera bouclée parce que, si j’ai bien compris, nous allons aussi visiter le site de l’Annonciation et c’est exactement la Vierge de Guadalupe, qui dit « Oui, qu’il me soit fait selon Ta parole ». Elle est la Vierge, Mère de Jésus. C’est incroyable. Je suis très heureux mais nous devons beaucoup prier pour qu’ELLE touche les cœurs. 

Sabrina : Est-il temps pour le monde entier, toutes les personnes de bonne volonté de s’unir, de se prendre par la main et de prier ensemble avec Elle, sous son manteau, pour la guérison du monde?

Mgr Chavez : Oui, pour qu’Elle guérisse les cœurs, nos vies, nos esprits et nos âmes. Pour que nous soyons vraiment frères et sœurs, la famille unie de Dieu. Ce qu’Elle demande c’est une nouvelle civilisation de l’Amour de Dieu. Nous pourrons le faire avec ELLE parce qu’elle nous apporte Jésus entre SES mains.
Alléluia!

Article Interview Mgr Chavez PDF

2020-03-13T10:14:57+02:00

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